Date de création :
13-05-2005
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Mais que
fait la police municipale ? Embarquement non menotté avec une patrouille à Hem à bord d'une Laguna break siglée. Cette ville de 19 000 habitants frontalière de Roubaix mêle quartiers chics, de
classe moyenne et « chauds ». « Ici, c'est sérieux », assure Éric Catoire, le chef de service, fort de ses expériences non anodines à Saint-Tropez et Hénin-Beaumont, dont il a quelques
histoires à conter.
Avant de sortir, Éric Catoire et Julien Morel doivent s'armer. Chacun a son coffre avec son revolver Smith &Wesson. « Revolver, c'est avec un barillet, les policiers nationaux ont des
automatiques», explique David, un collègue. Leur arme est de quatrième catégorie et peut tuer. « On ne s'en est jamais servi, mais elle a déjà été sortie », raconte Éric Catoire. « C'était pour
un braquage à la Caisse d'Épargne, juste à côté, il y a quelques années. L'agent est arrivé, les braqueurs l'ont repéré, le chauffeur a klaxonné et ils sont partis. » Il n'a pas tiré. Comme les
nationaux, les policiers municipaux ne peuvent presser la détente qu'en situation de légitime défense.
Ils enfilent le gilet pare-balles. « On le porte tout le temps. » Déjà des blessés ? « Une fracture du tibia, il y a deux ans, lors d'une interpellation. Il y a eu outrage, ça a chauffé... » Les
agents prennent aussi un tonfa chacun (une matraque), une bombe lacrymogène par voiture, une lampe-torche bien puissante et un flashball. Tout est consigné sur un registre règlementaire. Ne pas
oublier non plus de charger le revolver, nez en bas, dans un tube avec du sable au fond par protection. Ils le glissent dans l'étui à la ceinture et sont prêts.
Il pleut, il fait nuit, la voiture circule doucement dans les rues de la ville. Le gardien Morel conduit, son chef de service à côté. Après le député-maire, Francis Vercamer (Nouveau Centre) - en
pointe pour que sa police soit équipée de Tasers, avant qu'un décret du conseil d'État ne fasse avorter ce projet - c'est Éric Catoire, le patron de cette unité de sept hommes.
« Je suis rentré dans le service lors de sa création, en 1984 et je suis rapidement devenu chef. Mais en 2002, je suis parti à Saint-Tropez. Puis avant de revenir à Hem, j'ai été chef à
Hénin-Beaumont. Le maire, Gérard Dalongeville, ne nous laissait pas travailler.
Devant tout le monde, il nous disait qu'il fallait sévir et il pouvait nous le reprocher quand on avait mis une amende qui ne lui plaisait pas.
La voiture sillonne maintenant « les quartiers nord », dits « sensibles ». « Contrairement à ce qu'on peut dire, on y va aussi. En voiture, mais pas à pied, car on n'est pas assez. » Passage
devant l'ancien lieu-dit « boulevard du shit ». « Ça s'est calmé. Quand la police nationale a fait une descente à la fin des années 90 dans une trentaine de maisons, on avait été remercié pour
notre travail », se souvient, satisfait, M. Catoire. « On n'a pas participé à l'opération, mais on leur a donné pas mal de renseignements. » Et de raconter aussi comment la « municipale » de Hem
a aidé à interpeller un homme qui avait volé une voiture avec un bébé à bord. « On le connaissait et ce jour-là son comportement nous avait paru louche. On a informé la police judiciaire et
c'était bien lui. » Ils sont fiers de ce qu'ils font.
Ils vantent leur proximité. « On ne circule que dans Hem, donc on est plus rapidement sur place. » Quand c'est du simple tapage nocturne ou des petits différends de voisinage, les Hémois ont
tendance à les appeler - et tant pis s'il faut chercher leur numéro, démarche moins « réflexe » que le « 17 ». Ils se déplacent systématiquement, tandis que la police nationale de Roubaix dont
dépend la ville a souvent d'autres chats à fouetter.
Et à force, « on fait partie du décor ». Ils sont notamment connus des commerçants qu'ils rassurent par leur présence régulière à l'heure de la fermeture. Mais comme souligne Julien Morel, « dans
les quartiers sensibles, il n'est pas rare que nous aussi, on se fasse insulter. Pour certains, du moment que c'est écrit police... »
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